A quoi sert l'indépendance quand on a faim ?

Publié le par NAYO

 
 UNE AUTO-CRITIQUE POUR NOUS INDEPENDANTISTES A ANALYSER
Les pays d'Afrique francophone fêtent dans la liesse l'indépendance acquise il y a quarante-huit ans. Mais il n'y a pas de quoi se réjouir alors qu'ils sont touchés de plein fouet par la hausse des prix des produits alimentaires, regrette le quotidien burkinabé Le Pays.

 




 
   
 
 
   
Le calendrier politique de ce mois, pour la plupart des pays francophones, est marqué par la célébration de la fête de l'Indépendance. Bénin, Burkina, Côte-d'Ivoire, Tchad, République centrafricaine… La liste est longue des pays où l'on verra se répéter un rituel immuable depuis ce fameux "soleil des indépendances" : parade militaire, décorations, garden-party, coupe nationale de football, discours à la nation du chef de l'Etat. Le drapeau de la République est hissé, au nom de la souveraineté recouvrée. Le Burkina a cependant une particularité. Il a reporté, comme cela se fait depuis plusieurs années, les festivités de l'indépendance au 11 décembre, date de la proclamation de la République. Il s'agissait de permettre au monde paysan de vaquer à ses travaux champêtres. On peut dire que le pays a vu juste puisque, en ces temps de crise alimentaire, la paysannerie est courtisée plus que jamais, et rien ne devrait être entrepris qui puisse la détourner de son dur labeur.

La célébration des quarante-huit ans d'indépendance des pays d'Afrique francophone coïncide en effet avec une période difficile de vie chère, dont l'une des manifestations est la flambée des prix des produits alimentaires. Ce phénomène mondial a cependant connu des pics en Afrique de l'Ouest, en raison d'une fragilité plus grande des économies et d'un système de production agricole inadapté. Dans la sous-région, certains pays détiennent des records en matière de production agricole, mais ils ont subi de plein fouet la hausse mondiale. Car ces denrées, destinées uniquement à l'exportation, ne se mangent pas. Le café, le cacao, l'hévéa et le coton, tous des cultures de rente, sont produits à grande échelle, et se vendent bien pour certains. Mais ils n'ont pu permettre d'amortir le choc de la crise alimentaire.

Et voilà posée, dans toute sa cruauté, la question de la souveraineté alimentaire. Quelle fierté les Etats africains ont-ils à célébrer quarante-huit ans d'indépendance quand ils ne sont pas en mesure de nourrir leurs populations ? Car la première des libertés à conquérir, c'est celle de l'autosuffisance alimentaire. Ce qui est loin d'être le cas dans l'espace ouest-africain. Il a fallu, du reste, que survienne la grave crise de cette année, avec ses conséquences néfastes sur la stabilité sociale de bien des pays, pour que les dirigeants sortent de leur torpeur. On a ainsi vu, au début de cette campagne agricole, une mobilisation jamais égalée autour de la question agricole. Que va donner ce branle-bas de combat bien tardif ? Sans doute ne faut-il pas s'attendre à un miracle. Ce n'est pas en une saison qu'on rattrapera les errements des années passées. Il faudra recadrer les politiques agricoles, en rationalisant les stratégies et les moyens, au service des produits vivriers. Mais il aura fallu, comme c'est souvent le cas, un choc extérieur pour réveiller les dirigeants.

A deux ans du cinquantenaire des indépendances, la plus grande bataille qui vaille, celle de la sécurité alimentaire, commence à peine. Pourtant, dès les années 1960, certains esprits visionnaires comme [l'agronome et écologiste français] René Dumont avaient tiré la sonnette d'alarme. Dans l'euphorie de la souveraineté, on le considérait peut-être comme un trouble-fête. Force est de reconnaître que ces indépendances chèrement acquises ont été mal gérées. Et il ne serait pas étonnant que l'on voie un jour des nostalgiques de la période coloniale réclamer que les pays africains reviennent dans le giron de l'ex-puissance.
Mahorou Kanazoe

C'est un exemple pour nous indépendantistes, l'Afrique nous montre bien des choses, l'indépendance n'est pas une fin en soit c'est l'indépendance économique, comme disait tjibaou il ne faut pas sortir pas la grande porte pour venir mendier par la fenétre!
La kanaky se prépare, se construit. A nous de méditer.

NAYO

Publié dans Economique

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NAYO 17/08/2008 22:19

je suis d'accord, il faut arréter de vivre dans la démesure. Trois usines c'est déja trop, il faut penser developpement durable.
Le nickel n'est pas éternel, il faut se préparer à l'après mines en kanaky.

Clodye 17/08/2008 06:35

Indépendance économique, oui, et pas basée sur l'exportation d'une monoculture ou d'un produit minier ou pétrolier ... qui permet l'importation de ce que consomme le pays, au gré des cours de la bourse! Quand on parle de faire 4 usines de nickel dans un si petit pays que la Kanaky, je tremble: l'expérience de Nauru est déjà oubliée? L'indépendance culturelle, idéologique, spirituelle, je ne sais comment l'appeler, qu'est-ce qu'on en fait? parce que à ne parler qu'économie, cela revient aussi à se modeler sur le schéma "production-consommation" qui enferme l'être humain dans un monde coupé de la nature, de ses racines, de ses aspirations profondes ... Aspirer à donner du sens à sa vie autre que produire pour consommer, ce n'est pas entrer en religion, c'est répondre à un besoin vital, nié par la société capitaliste matérialiste ... Pourquoi ne se base-t-on pas sur la culture kanak pour imaginer une société moderne mais humaine, respectueuse de la nature et de l'essence humaine?

Hnautra Laurencia 08/08/2008 10:40

"Lorsque les premiers missionnaires sont arrivés en Afrique,
ils avaient la Bible et nous la terre.
Ils nous ont demandé de prier.
Alors nous avons fermé les yeux pour prier.Quand nous les avons rouverts, la situation s'était inversée.Nous avions la Bible et eux la terre.

Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens"

linlin 04/08/2008 22:58

il faut lutter contre la corruption qui est un mal qui ruine les pays africains et combattre les religions qui dominent les peuples, alors l'Afrique aura sa chance. Ce n'est pas en invoquant dieu en permanence que l'Afrique avancera, puisque depuis le temps Dieu n'a rien fait. Seul les hommes seront maîtres de leur destin.