Interview de Alphonse Pujapujane du Parti travailliste

Publié le par NAYO

" Dans le Sud, nous sommes ouverts aux discussions avec le FLNKS"


Farouchement déterminé à jouer un rôle dans la bataille des élections provinciales, le Parti travailliste tenait un séminaire politique ce week-end, dans la tribu de Saint-Laurent. Rencontre avec le membre de la coordination, Alphonse Pujapujane.

Les Nouvelles calédoniennes : Quelles ont été les grandes décisions du séminaire tenu ce week-end ?

Alphonse Pujapujane :
Nous avons arrêté les grandes lignes de notre stratégie politique et les axes dans la perspective des provinciales de 2009. Lors de ces élections, nous nous engageons, seuls, dans le Nord et les Îles. Et dans le Sud, nous sommes ouverts aux discussions avec le FLNKS. Nous connaissons les problèmes récurrents du mouvement indépendantiste dans cette zone-là : les divisions. S’il n’y a pas une réelle volonté d’unité, nous partons alors seuls.

Ne croyez-vous pas que la discussion va être difficile avec le FLNKS ?

Nous verrons en temps voulu. Mais nous avons vu aussi ce qui s’est passé auparavant (en 2004, NDLR).

Quelles garanties demandez-vous aux leaders du Front ?

Cela se présente au niveau du programme électoral pour les populations du Sud, sur les questions sociales, environnementales ou liées au développement économique… Si l’unité est affichée, on peut discuter.
La réflexion sur notre ligne politique est évolutive, car nous sommes en train de peaufiner le projet de société. Projet qui réaffirme que nous sommes bien dans la famille indépendantiste. Nous demandons la réalisation pleine et entière de l’Accord de Nouméa. Et surtout en ce qui concerne les dispositions adoptées en faveur du peuple kanak. Que l’on donne un véritable sens à la notion de kanak au centre du dispositif. Que les politiques prennent leurs responsabilités en matière de lois du pays relatives à l’emploi local, la citoyenneté, et les signes identitaires.

Le FLNKS peut, peut-être, vous reprocher de venir « manger » sur son terrain…

Nous disons que personne n’a le monopole de la revendication indépendantiste. Et personne n’a le monopole de la représentativité du peuple kanak. Nous sommes dans une perspective beaucoup plus large, puisque le Parti travailliste est un relais politique des revendications sociales, notamment de l’USTKE, mais aussi en faveur de tous les travailleurs de ce pays.
Il y a une réalité aujourd’hui : on a beaucoup de problèmes avec les projets d’usines du Sud et du Nord. Apparaissent des questions d’ordre social et économique sur lesquelles il y a lieu de se battre pour que le rééquilibrage soit réellement effectif.

Vous êtes-vous fixé un nombre de sièges à atteindre dans les provinces ?

Non, mais le Parti travailliste a vocation à être un parti de gouvernement. En termes de sièges, nous avons une démarche modeste, le parti est jeune. Fort de nos résultats aux élections municipales - une trentaine d’élus municipaux sur l’ensemble du pays -, il est important d’entrer sur la scène politique au niveau institutionnel, au niveau provincial, au Congrès.

Programme, listes… Où en êtes-vous ?

Les grandes lignes du programme ont été définies, il sera arrêté au congrès du parti fixé aux 15, 16 et 17 novembre prochains à Nouméa. À ce moment-là, seront établis les listes, le message fort, etc. Avant, deux directoires politiques se tiendront à Lifou, en octobre, et à Dumbéa, début novembre, pour peaufiner notre stratégie et le programme.

N’êtes-vous pas inquiet du risque d’amalgame Parti travailliste - USTKE devant les électeurs ?

Cela fait longtemps que nous ne nous posons plus la question. Le Parti travailliste est, notamment, un relais de l’USTKE. Mais tous les gens de l’USTKE ne sont pas au Parti travailliste, et tous les gens du Parti travailliste ne sont pas à l’USTKE. L’USTKE s’emploie sur le terrain social ; le Parti affiche l’ambition d’amener une alternative à la politique développée actuellement par la classe politique et notamment le FLNKS.

 

 

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