Le collectif solidarité Kanaky au meeting internationaliste de Toulouse

Publié le par NAYO



Solidarité Kanaky à Toulouse

lundi 29 septembre 2008

Hnatre Wadriaco (Nana), membre de l’USTKE et du Parti Travailliste de Kanaky, est à Toulouse pour quelques mois. A l’invitation du NPA 31, elle était présente à la fête de Ramonville, avec des jeunes étudiants kanak.
Elle a pris la parole au cours du meeting internationaliste.

 



Voici le discours que j’ai prononcé lors du meeting de Ramonville (...). La salle était comble et nous étions heureux que beaucoup d’étudiants kanak soient venus écouter.

 




Les tricots et autocollants sont partis en très peu de temps. On a eu de la musique kanak à notre stand toute la journée, les panneaux de l’expo ont suscité beaucoup de questions des camarades français sur l’USTKE, la coutume, la place de la femme kanak , etc...

 

Le soir, nous avons apprécié les prestations bien engagées de la Compagnie Jolie Môme, et il y a eu après un orchestre, on a dansé jusqu’à 1 heure du matin. Trop valab !

C’était notre samedi à Toulouse.

Nana.

LA NOUVELLE- CALEDONIE A ETE « DECOUVERTE » PAR LES EUROPEENS AU COURS DE LA SECONDE MOITIE DU XIX SIECLE.
L’ETAT FRANÇAIS EN A PRIS POSSESSION EN 1853, CES TERRES SITUEES DANS LE PACIFIQUE SUD A 20.000 KMS DE LA France ONT D’ABORD SERVI DE BAGNE.
ELLE DEMEURE ENCORE AUJOUR’DUI UN LIEU DE COLONISATION DE PEUPLEMENTS ; CE QUI A POUR EFFET, DE MINORISER LA POPULATION KANAK SUR SON TERRITOIRE.

KANAKY

La colonisation n’est pas terminée

Il y a 20 ans, l’épreuve de force entre le mouvement indépendantiste kanak et le gouvernement français se concluait par l’intervention sanglante de l’armée française et par une répression féroce. Aujourd’hui, la situation coloniale persiste. L’USTKE se heurte à son tour à une politique répressive.

Le 22 avril 1988, répondant à l’appel du FLNKS pour le boycott actif des élections régionales en Nouvelle-Calédonie, des militants kanaks investissaient le poste de gendarmerie de Fayaoué sur l’île d’Ouvéa. L’intervention de l’armée française le 5 mai 1988 dans la grotte de Gossanah est sanglante : 19 morts parmi les kanaks. Ces évènements n’ont pas été limités à Ouvéa, même si c’est là qu’ils ont été les plus tragiques. La répression qui suit est brutale et massive. Dans un rapport de force défavorable, les indépendantistes emmenés par Jean-Marie Tjibaou signent les accords de Matignon-Oudinot qui ramènent provisoirement le calme sur le territoire. Le leurre d’une indépendance possible sous dix ans par une voie pacifique séduit de nombreux Kanaks lassés par des années de violences et des dizaines de morts.

Vingt ans après, la situation coloniale persiste.

Le pouvoir politique et économique est toujours principalement entre les mains des caldoches ou des métropolitains, la spoliation de terres kanaks se poursuit, l’environnement continue à se dégrader sous l’action d’industriels qui ne cherchent que des profits immédiats. Sur le plan social, les patrons continuent de privilégier l’embauche de métropolitains plus dociles que les Kanaks, interdisant ainsi tout débouché professionnel à beaucoup de jeunes. La spéculation immobilière pousse de plus en plus de familles vers les bidonvilles de Nouméa.

Dans cette situation, le syndicat USTKE qui défend pied à pied les intérêts des travailleurs quelque soit leur communauté, depuis 27 ans, est devenu la première organisation syndicale du territoire. Face à des patrons voyous pour qui le profit immédiat est le seul horizon et l’avenir du territoire le dernier souci, les syndicalistes ne peuvent qu’avoir recours à des méthodes radicales.
L’arrivée au pouvoir de Sarkozy a donné des ailes à la droite coloniale revancharde. Certains n’hésitent plus à remettre ouvertement en cause l’accord de Nouméa signé en 1998 qu’ils n’appliquent pas. Cet accord prévoyait, entre autres mesures, un calendrier de transfert de compétences vers le Territoire, la priorité à la formation des jeunes du Territoire et à leur embauche.

Confronté à la déliquescence des organisations politiques issues des rangs indépendantistes, en novembre 2007, l’USTKE a fait le choix de construire un parti politique pour relayer dans les institutions ses revendications et porter les revendications indépendantistes. La création du Parti Travailliste en Kanaky bouscule les partis qui cogèrent la situation coloniale et qui ont abandonné la perspective d’indépendance à moyen comme à long terme. Elle ulcère la droite qui pensait avoir maté les Kanaks en corrompant quelques responsables placés à la tête d’administrations d’où ils distribuent les emplois à leur guise.

Les bons scores obtenus aux élections municipales par le Parti Travailliste ne font que renforcer la haine contre l’USTKE. Un nouveau Haut Commissaire de la République met en œuvre tous les moyens dont il dispose pour essayer de casser le syndicat avant que le Parti Travailliste ne prenne trop d’ampleur : envoi systématique du GIGN sur les piquets de grève, répression violente des manifestations, arrestation des dirigeants, inculpations et condamnations se multiplient.

Vingt-deux syndicalistes ont été condamnés le 9 septembre dernier par la cour d’appel de Nouméa à des peines de prison ferme. Gérard Jodar, notre Président de syndicat, , a été condamné à douze mois de prison, dont trois mois ferme ! D’autres camarades ont aussi été condamnés à de lourdes amendes (plus de 200 000 euros). Les juges attaquent ainsi le syndicat au porte-monnaie pour le faire disparaître.

Ce procès faisait suite aux violents affrontements avec la police qui ont eu lieu le 17 janvier dernier devant les bâtiments de Carsud, entreprise de transport public, filiale de Véolia. Les forces de l’ordre avait chargé les grévistes à 2 heures du matin….

Jamais en France, des condamnations aussi lourdes n’ont été prononcées pour des faits similaires.

Un collectif de plusieurs associations, syndicats, partis politiques (dont la LCR) s’est constitué en France pour protester contre la répression que subit l’USTKE et pour soutenir les militants. Ce collectif s’appelle « Solidarité Kanaky ».

Des informations sur les différentes actions et sur les formes de solidarité sont sur le site « solidaritékanaky.org ». Vous y trouverez bientôt l’appel à une souscription que nous vous demanderons de bien vouloir relayer afin de nous aider dans notre combat.

Car il faut bien en convenir, la colonisation n’est pas terminée…

 

Publié dans Politique

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