Les papous réclament un référendum d'indépendance

Publié le par NAYO

Des milliers de Papous manifestent à Jayapura






ART des nouvelles calédoniennes
Des milliers d’habitants de la Papouasie-0ccidentale ont manifesté  jeudi dans le calme, pour réclamer l’organisation
d’un référendum sur l’indépendance vis-à-vis de l’Indonésie.

Près de cinq mille personnes ont manifesté, jeudi, dans les rues de Jayapura, la capitale de la province indonésienne de Papouasie, sur l’île de Nouvelle-Guinée. Aux cris de « Free Papua » (Libérer la Papouasie) les manifestants ont  appelé à la mobilisation internationale pour l’organisation d’un réferendum sur l’indépendance de la province vis-à-vis de l’Indonésie.
Huit cents policiers anti-émeutes ont été mobilisés pour surveiller cette manifestation d’au moins 5 000 personnes.
La manifestation s’est déroulée dans le calme selon la police. Mais quand  le cortège a essayé d’approcher du Parlement de la province, il a été repoussé par un barrage de dix camions de police. Cinq manifestants ont été interpellés pour avoir hissé le « Morning star », le drapeau indépendantiste devant le Parlement et l’immeuble du gouvernement. Un « crime » passible de la prison à perpétuité, en Indonésie.
Rappelons que les séparatistes papous ne reconnaissent pas l’autorité de Jakarta, capitale de l’Indonésie, sur la province de Papouasie occidentale. Ils affirment avoir obtenu l’indépendance au départ des colons néerlandais en 1961.
La Papouasie-Occidentale, sur l’île de Nouvelle-Guinée, a été annexée en 1969 par Jakarta après un référendum largement considéré aujourd’hui comme truqué, bien qu’organisé sous l’égide de l’ONU.
Seulement mille personnes, choisies par les autorités indonésiennes ont participé à ce scrutin.
« Nous refusons de reconnaître le référendum de 1969 et demandons au gouvernement indonésien d’organiser un nouveau référendum sur l’indépendance du peuple papou », a déclaré l’un des organisateurs de la manifestation, Bucktar Tabuni.

Les Papous affirment avoir obtenu l’indépendance au départ des colons néerlandais en 1961

Les séparatistes accusent Jakarta de profiter des importantes ressources naturelles, notamment minières, que renferme la province sans en faire profiter la population locale. Ils dénoncent également les agissements de l’armée, notamment à proximité des mines, dont la plupart sont gérées par des entreprises étrangères.
« Nos enfants ne sont pas nés pour être torturés et tués par les forces armées indonésiennes. Notre seule volonté est que les Papous soient traités comme des êtres humains », s’est exclamé l’un des orateurs.
Un mouvement séparatiste armé combat l’autorité indonésienne depuis 1969. Mais il est faible et mal équipé. Il est dirigé par le géneral Kelly Kwalik, chef de l’armée de libération de Papouasie-Occidentale. Il y a trois semaines, l’armée de libération de Papouasie -Occidentale a revendiqué trois attentats à la bombe près de la mine d’or de Timika, qui est la plus grande du monde.
Elle est exploitée par la société américaine Freeport-MacMoran. Pour le général Kwalik, les conflits tribaux, les violations des droits de l’homme, la destruction et la pollution sont directement liés à l’activité minière. Les droits des propriétaires coutumiers sont bafoués. Et le droit à une revendication indépendantiste au niveau politique est illégale.
« Dans ces conditions, nous fermerons la mine de Timika jusqu’à ce que la Papouasie occidentale obtienne son indépendance de l’Indonésie », a déclaré Kelly Kwalik en revendiquant les attentats.
On estime à 100 000 le nombre de Papous victimes d’opérations militaires indonésiennes depuis l’annexion de la province. La Papouasie-Occidentale compte environ 2,8 millions d’habitants.

Jérôme Gavelle 

Publié dans Politique

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