Le nickel calédonien installé en Corée pour trente ans

Publié le par NAYO



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Journal RFO

Le nickel calédonien installé en Corée pour trente ans

L’usine de production de ferronickel de Gwangyang, détenue à 51 % par la SMSP et à 49 % par Posco, a été inaugurée lundi à Gwangyang (Corée du Sud). André Dang, P-DG de la SMSP, a présenté cette union historique comme un « mariage de raison ».

Une inauguration d’usine en Corée, c’est un chapiteau géant, une entame avec des musiciens traditionnels, des employés au garde-à-vous, une dizaine de caméras pour retransmettre la cérémonie en direct sur deux écrans géants, des discours protocolaires où l’exaltation des valeurs industrielles n’est jamais loin des propos patriotiques et un final avec fumée blanche et cotillons dorés.
Pour le reste, ceux qui le souhaitaient ont pu visiter la salle de contrôle et le four géant de l’usine de ferronickel de Gwangyang (Corée du Sud), la SNNC (Société du nickel de Nouvelle-Calédonie et de Corée), dix minutes montre en main.
Mais mine de rien, avec cette inauguration, c’est une mini-révolution qui vient de se produire dans le monde du nickel. Les responsables du groupe Posco parleront d’ailleurs d’un moment « historique ». La raison ? C’est la première fois qu’un industriel, et pas n’importe lequel (Posco est le leader mondial de l’acier inoxydable), s’allie avec un mineur (la SMSP, Société minière du Sud Pacifique). Le premier détient 49 % des parts de l’usine, le second 51 %.  Du jamais-vu dans le monde du nickel.

L’union historique de la mine avec un fondeur


Cette intégration verticale va permettre, d’une part, de supprimer les habituelles étapes intermédiaires (et les commissions abandonnées au passage) et, d’autre part, de valoriser un minerai à faible teneur (2,27 % au lieu des 2,40 % habituels) en augmentant la durée de vie des sites miniers de la SMSP.
« C’est un grand moment de fierté et de bonheur », a ainsi souligné André Dang, P-DG de la SMSP, qui a parlé d’un « succès sans précédent pour la Nouvelle-Calédonie ».
Un montage astucieux, en ces temps de crise financière et économique, même si les prémices du projet remontent à mai 2005, époque où le contexte actuel ne faisait bien évidemment pas partie des considérations des partenaires, qui cherchaient surtout à accentuer leur compétitivité dans leurs domaines respectifs. Bilan des courses : tout le monde y trouve son compte, les approvisionnements sont garantis pour une durée de trente ans.
Bonus supplémentaire : l’intégralité du nickel produit à Gwangyang est directement vendue à la filiale industrielle de Posco, qui dispose sur place d’une usine de transformation. Et par le jeu des participations, la moitié de la valeur du minerai produit file dans les poches de la SMSP. Une garantie supplémentaire pour le financement de l’usine du Nord.

En Corée du Sud, Pierrick Chatel

 

  Industrie patriotique 
Posco, créé en 1968, a créé le complexe industriel de Gwangyang (Posco City) entre 1982 et 1985, en remblayant 1 400 hectares sur la mer. « La production de l’acier est un acte patriotique », précise un film d’entreprise édifiant, présenté à chaque visiteur. L’affirmation est toujours vraie aujourd’hui. En Corée, on travaille, dans l’ordre, pour son pays, son entreprise et sa famille.
  Objectif 30 000 tonnes 
L’usine de la SNNC n’occupe qu’une vingtaine d’hectares du complexe industriel. Son four de 94 mégawatts, officiellement entré en production le 20 octobre dernier, devrait produire 4 000 tonnes à la fin de l’année, 24 000 tonnes l’année prochaine pour un objectif de 30 000 tonnes en 2010.

Publié dans Politique

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