+ 3,3 % Inflation record

Publié le par yeteii


article d'yves mainguet( nouvelle calédoniennes) 
À +3,3 % en glissement annuel, l’actuel taux d’inflation est le plus élevé de la décennie. Au-delà de l’impact économique, le contrecoup s’avère social, manifesté par les tensions entre partenaires sociaux n’ayant pas la même lecture de la politique salariale.

Un paradoxe climatico-économique. Sous les premières pluies de la saison, les prix flambent. Au regard des études de l’ISEE, l’inflation, en glissement sur douze mois, atteint 3,3  % en octobre, contre +1,6 % l’année précédente à la même époque. Ni une ni deux, ce chiffre, pour l’Institut, s’avère « le plus élevé de ces dix dernières années ». Produits manu
 
facturés, alimentation, services... tous les postes sont inflationnistes. La tendance est donc durable et généralisée sur la période. Certes la barre est haute à l’échelle mondiale : l’Australie accuse 5 %, la Nouvelle-Zélande jongle avec un taux à 5,1 %, la France tout comme l’Europe se placent à 3 %, la Polynésie française à 4,5 %, Wallis-et-Futuna à 3,3 %... La flambée des cours du pétrole (essence et gazole, +19,9 % en Calédonie) et des matières premières a entraîné une accélération des prix. Outre ces lourds facteurs importés, certains pointent des éléments locaux, tels que les marges ou la fiscalité. Vieux débat.
Une évidence, tous les salaires n’ont pas progressé de 3,3 % à l’issue des douze derniers mois. Par conséquent, « le pouvoir d’achat a reculé », avance Jacques Bernaleau, secrétaire général adjoint de FO. « À coup sûr, le panier de la ménagère a pris +6 à +8 % ! » Le portefeuille maigrit, selon Michel Davarend, le président de l’association de consommateurs : « La fin du mois, pour certains, ça commence le 15 ou le 20 ! » Afin d’oublier l’éternelle discussion sur le fameux pouvoir d’achat, « il faut un vrai calcul », ajoute le patron de l’UFC-Que Choisir local. « Que les politiques s’y mettent. » Peut-être, mais des nuances doivent être apportées au concept, d’après un économiste, car à la hausse des prix « s’ajoutent de nouvelles consommations (mobilis, DVD...), de nouveaux besoins. Il est donc difficile de parler de baisse de pouvoir d’achat. »

« La fin du mois, pour certains, ça commence le 15 ou le 20 ! »

Quoi qu’il en soit, le taux de 3,3 % dépasse le simple résultat mathématique. Surtout à l’heure des négociations salariales de branche où le climat semble tendu. En clair, les partenaires sociaux ne regardent pas dans le même sens. Les syndicalistes mettent dans la balance l’inflation et les dernières années fastes, à l’indice de croissance exceptionnelle ; les patrons, eux, parlent de crise financière, d’absence de visibilité économique. « Nous sommes à la croisée des chemins », résume François Péronnet, le secrétaire général du Medef. De fait, « ça va finir par déborder ! », prévient le dirigeant de l’Usoenc, Didier Guénant-Jeanson. Les récentes manifestations de la fonction publique ne seraient alors que la majuscule d’une phrase animée.
Une équation est délicate. Le calcul automatique du SMG à partir de l’indice officiel du coût de la vie produit, par ricochet, une compression des bas et moyens salaires, eux, indépendants de tout mécanisme. Alors quand l’inflation s’élève... « cela crée une démotivation de ces gens qui voient leur paie inchangée », note Jacques Bernaleau. Tension. Des syndicalistes voudraient associer SMG et croissance, sous la revendication de la redistribution. Les perspectives, elles, se croisent. Le fléchissement du prix du pétrole et des matières agricoles pourrait susciter un maintien, voire une légère baisse de l’inflation, « a priori pas une aggravation », analyse un économiste. Mais le contexte de crise et l’arrivée en période préélectorale freineraient ici la consommation.


Publié dans Economique

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